
Il y a ceux qui traversent toute la salle pour aller serrer la main du premier inconnu venu, et il y a ceux qui se postent près de la machine à café en attendant que quelqu'un vienne à eux. J'ai testé les deux versions de moi-même dans des soirées de réseautage à Orléans, en freelance et plutôt timide dès qu'un badge nominatif entre en jeu, et la seconde option l'emporte presque à chaque fois quand on est seul dans une salle, que personne n'est là pour faire les présentations, et qu'on a envie de réseauter autrement qu'en suivant le manuel.
Avant d'aller plus loin, une précision qui n'a rien d'accessoire : ce carnet contient quelques liens partenaires, et si un achat se fait par leur biais, je touche une petite commission, sans que ça change quoi que ce soit pour vous. Je ne glisse ici que ce qui m'a vraiment servi, comme la formation Développez Votre Réseau – Networking, utile pour structurer ses premières approches sans se transformer en bête de foire commerciale.
Foncer dans la salle ou se poster au bon endroit : deux réflexes de réseautage pour freelance timide
Une soirée en particulier a marqué le coup. Sans trop réfléchir, j'ai traversé toute la salle pour me présenter en premier à un petit groupe que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam, d'habitude le genre de mouvement que j'aurais laissé à quelqu'un de plus à l'aise. Ça a marché, dans le sens où personne n'a reculé d'un pas et où j'ai fini la soirée avec des échanges qui tenaient debout.
Résultat le lendemain : vidé, comme après un oral mal préparé. Cette approche frontale fonctionne, mais elle coûte cher en énergie, et elle ressemble un peu à ces profils de rencontre qui enchaînent les messages à tout le monde en espérant qu'un ou deux répondent. Ce n'est pas faux de miser dessus. C'est juste épuisant à répéter à chaque sortie.
Pourquoi se poster près de la machine à café fonctionne mieux ?
Près de la machine à café, ou de n'importe quel point que tout le monde finit par croiser, la logique s'inverse complètement. Au lieu de chasser les gens, je me poste simplement là où ils arrivent. Plutôt que de laisser mon syndrome de l'imposteur networking parler à ma place, j'ai lâché la question la plus bête possible, soufflée un jour par un copain : « C'est ton premier meetup ici ? ». Rien de plus. Une amorce sur l'événement lui-même, pas un numéro de vente.
Mehdi Lachambre, développeur web que je croise maintenant dans la plupart de ces soirées, pourrait en témoigner : il rit facilement, surtout quand la situation est un peu absurde, et visiblement, ce registre lui plaît. Quelques conversations qui tiennent la route pèsent plus lourd, dans un bassin économique de la taille d'Orléans, qu'une pile de cartes distribuées au hasard. On recroise les mêmes têtes d'un événement à l'autre, et ce sont ces liens de second rang, pas les plus voyants, qui finissent par rapporter un échange de contact utile.
Et le discours de présentation, dans tout ça ?
La façon de se présenter reste un sujet à part entière, presque un métier en soi, et je ne vais pas prétendre le régler en deux phrases ici. Ce que je peux dire, c'est que dans l'approche frontale, il faut l'avoir prête à dégainer, alors que près du passage, elle peut attendre que l'autre pose une question. Glisser une carte sans avoir l'impression de forcer la main reste un art à part : j'avais fini par lire un article sur comment donner sa carte de visite sans mourir de honte, qui m'avait pas mal décomplexé sur le geste.
Ce qu'une newsletter du dimanche soir ne change jamais
Nora Bruley, mon ancienne voisine de coworking partie vivre à Paris depuis, m'avait conseillé un jour de m'abonner à une newsletter de conseils de réseautage, avec l'enthousiasme un peu contagieux qui la caractérise. Je l'ai fait. Je l'ai lue, semaine après semaine, en me disant que ça comptait pour de la préparation. Je n'ai jamais appliqué une seule des astuces qu'elle contenait.
Entre lire des conseils et se tenir debout dans une salle pleine d'inconnus, il y a un monde, à peu près celui qui sépare lire une recette et improviser vraiment en cuisine devant des invités. Aucune des deux approches décrites plus haut, la frontale ou celle du passage de porte, ne m'a été soufflée par un article bien tourné. Je les ai trouvées en me plantant dans une salle, pas devant un écran.
Choisir son camp selon la soirée, pas par principe
Dans une soirée courte, resserrée, où tout le monde repart dans l'heure, foncer vers les gens a du sens : on n'a pas le temps de laisser un point de passage faire le travail. Dans un événement plus long, avec un vrai goulot d'étranglement (un stand, une machine à café, une table d'inscription), la patience du passage de porte gagne presque toujours, et coûte beaucoup moins cher en énergie pour quelqu'un qui n'est pas du genre à se jeter dans la foule.
Si vous tournez en rond derrière votre écran avant une soirée de ce genre, j'ai toujours la formation Développez Votre Réseau – Networking sous la main, un format court, pensé pour les soirs où on a juste besoin de deux ou trois phrases de survie plutôt que d'un plan sur dix ans. Pour la suite, une fois que les contacts commencent à porter leurs fruits, il y a aussi Monte Ta Boîte Avec Succès, mais ce n'est pas le sujet du soir. Ce soir, je range quelques cartes de visite sur mon bureau, sans trop savoir lesquelles déboucheront sur quelque chose, et ça reste, pour l'instant, la seule certitude de la soirée.